Mercredi 4 novembre 2009
3
04
/11
/Nov
/2009
15:36
Si vous vous demandez de quel Cap je parle, il ne s'agit pas du nez de Cyrano, ni du Ferret d'Obispo mais un Cap qui fut bien tristement connu jadis. Capetown, Kaapstadt, La ville du Cap en Afrique
du Sud.
Que dire? Une ville d'europe africaine au bout du continent, blanche et emmailottée par une montagne qui se drappe d'un nuage blanc quand le vent (violent) va souffler. Des maisons victoriennes,
edwardiennes, blanches en bois, avec de beaux frontons en pierre. Des allées bien nettes, des cafés autour d'une place qui rappelle la provence. Et des plages... Sublimes. Vous les avez vues, elles
sont régulièrement prises en photos par les publicistes.
Le paradis.
Oui
Si on veut
Le paradis a son enfer.
L'enfer du Cap, c'est son histoire.
Ségrégation. Blancs in, noirs out.
Pas de droit de cité si t'es coloré. Rentre dans ta cabanne à 30 minutes de là en voiture si t'as de la chance, des heures si t'es le plus fauché des fauchés.
Oui mais ça, c'était avant.
Avant quoi?
1994, l'avènement de la démocratie. La fin de l'horreur raciste.
Alors oui, on peut se mélanger s'asseoir sur les mêmes bancs, aller dans les mêmes restaurants. Et c'est bien. Et travailler aussi. Mais.
Car il y a toujours un mais...
Qu'est ce qu'on fait quand on est toujours le plus fauché des fauchés?
On prend, le bus, le train le taxibus depuis son quartier de baraques en planches. Le ghetto. Et on vient voir les lumières de la ville. Les lumières sont encore très blanches, alors on boit ou on
se drogue pour oublier. Retour au quartier, violence, ça recommence.
Que je vous dise encore, ça n'a pas toujours été comme ça. Il y avait un quartier mixte avant 1948. Eh oui, changez les deux derniers chiffres et on est chez Big Brother. Le district 6, ça
s'appelait.
Trop black, on l'a rasé. Il n'en reste rien.
De l'herbe, en plein centre ville. Ground zero du racisme.
On se souvient, on veut le pardon.
Le peuple veut que ça s'arrange. Le peuple a-t-il voulu que les choses soient comme ça?
Je ne sais pas.
Le vilain dans l'histoire ?
Le frick le cash, les pépettes. Si t'en as pas, c'est le township. Voilà. Dommage.
Mais ça s'arrangera.
ESPOIR
Que le paradis soit au couleurs du peuple. Avec ses saveurs, ses odeurs, ses langues et ses cultures. C'est tout le mal que je lui souhaite.
A la question, "Y reviendras tu?"
Je réponds : Yes !